Archives du mot-clé Libération Animale

Le cuir

Le cuir est aujourd’hui une matière tout à fait banale. On achète ce que l’on nous vend sans se poser de question, l’utilisation du cuir n’est donc pas remise en cause.

Cependant, le cuir a un coût bien plus important que le prix sur l’étiquette. Il faut au préalable tuer et écorcher des animaux. La plupart sont des animaux d’élevages. Bovins pour la majorité (65% du cuir mis sur le marché), mais aussi de chèvres, crocodiles, autruches, cochons… Certaines peaux proviennent également d’animaux sauvages, comme les kangourous ou les serpents.

L’industrie du cuir fonctionne souvent avec l’industrie de la viande. En effet certaines peaux proviennent d’animaux que l’on exploite aussi pour leur viande. Ces industries s’entretiennent mutuellement, le cuir représentant généralement environ 10% du prix de la carcasse.En France, on produit notamment du cuir de veau pour l’industrie du luxe. La majeure partie provient des races laitières, souvent des Holstein, ces vaches noires et blanches, mais les peaux les plus prisées sont celles des races à viandes (Salers, Charolaises…), des races croisées et surtout celles des veaux ayant entre 3 et 4 mois, désignés par l’appellation de « veaux sous la mère », car leur peau est encore fine et souple.

vache veau

Vache et veau Charolais

Malgré tout le cuir ne peut pas être vu comme un sous-produit. Il s’agit d’une réelle industrie entraînant le même type de problèmes éthiques et environnementaux que les autres élevages.

Quelque soit l’espèce, les animaux vivants dans des fermes d’élevages font face des conditions de vie en totale inadéquation avec leurs besoins. Qu’il s’agisse de vaches, de chèvres, de crocodiles, ils sont la plupart du temps entassés les uns sur les autres. Dans certains élevages bovins, leurs mouvements peuvent être limités afin de réduire les risques de blessures, qui pourraient amoindrir la qualité du produit final. Quant aux crocodiles, animaux solitaires, ils vivent dans des bassins surpeuplés, ce qui accroît leur agressivité.

crocodile

Ferme d’élevage de crocodiles au Botswana

La mise à mort des animaux est violente. Elle a lieu soit dans un abattoir, où les animaux sont assommés puis égorgés, ou de façon plus artisanale, notamment pour les animaux exotiques, qui ont le crâne fracassé ou la nuque brisée.

Le cuir provenant d’animaux sauvages n’est pas plus éthique. L’Australie, par exemple, produit et exporte énormément de cuir de kangourou, utilisé principalement dans le milieu sportif (ballons, gants, chaussures, combinaisons…). Les animaux sont massacrés par les chasseurs, qui n’hésite pas à décimer des espèces entières, 5 d’entre elles ont totalement disparues, et 4 sont au bord de l’extinction. Malgré cela, 7 espèces sont toujours classées comme espèces « commerciales ». Le gouvernement australien soutient massivement ce massacre car le cuir de kangourou rapporte énormément d’argent. Pourtant, le kangourou joue un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes australiens.

Quelque soit la provenance, la transformation de la peau en cuir est néfaste. L’impact écologique est énorme, comme le montre les deux exemples les plus parlants, le Brésil et le Bangladesh.

Au Brésil, les élevages bovins (autant pour le cuir que pour la viande) sont responsables des 2/3 de la déforestation de l’Amazonie. En effet, c’est une industrie qui nécessite énormément de terrain, que ce soit pour la production de la nourriture des animaux ou pour l’implantation des hangars dans lesquels vivent les animaux.

Le Bangladesh, principal fournisseur de la grande distribution européenne, possède de grandes tanneries dans lesquelles travaillent une main d’œuvre très peu payée, permettant de proposer des cuirs à bas prix. La majeure partie des tanneries est concentré dans un des lieux les plus pollués du monde, le quartier de Hazaribag, à Dhaka, capitale du pays. Comme le montre le documentaire Hazaribag, cuir toxique, des litres d’eau colorée remplie de produits chimiques sont déversés quotidiennement dans le Buriganga, la rivière qui traverse la ville. Les tanneries sont donc responsables de la pollution du Buriganga qui est l’une des rares sources d’eau pour les habitant.e.s, et la troisième rivière la plus pollué du monde.

tanneries Bangladesh

Le Buriganga, pollué par les tanneries

Cette pollution est due aux nombreux produits chimiques nécessaires à la transformation et à la conservation des peaux. En effet, une fois arraché à l’animal, la peau devient un matériau périssable, de la chair morte qui pourrit, et qui a besoin de traitements importants pour ne pas s’altérer. Ces traitements, nocifs pour l’environnement, nécessitent également une grande quantité d’eau. Pour le tannage d’un kilo de cuir, on gaspille 35 litres d’eau.

Le tannage, consistant à transformer les peaux en cuir en les rendant plus durables et plus souples, s’effectue principalement aux sels de chromes, parfois aux sels d’aluminium. C’est un processus de plusieurs jours durant lesquels les peaux macèrent dans de grandes cuves. Une fois les peaux sorties des cuves, il reste une grande quantité de résidus de sels, sous forme de boue. Ces résidus dangereux doivent être neutralisés chimiquement, ce qui demande l’utilisation de produits chimiques supplémentaires, tels que l’oxyde de magnésium, la chaux ou la soude. Il n’y a pas beaucoup de solutions pour se débarrasser de cette boue, considérée comme un déchet industriel spécial. Elle est donc stockée puis enfouie dans les décharges de classe 1, destinées aux déchets dangereux.

L’étape suivante est celle de la coloration, au cours de laquelle des colorants contenants des métaux lourds et des composés organiques halogénés (trichloéthylène, le perchloroéthylène…) peuvent être utilisés.

Face aux critiques sur l’aspect écologique du cuir, une partie de l’industrie a réagit en se tournant vers un tannage aux tanins, un procédé ancien et utilisant moins de produits chimiques. Les tanins sont des molécules végétales que l’on trouve dans diverses parties des végétaux : fruits, feuilles, écorces, pépins. La saturation en tanin des peaux permet de les conserver et utilise moins de produits nocifs. En raison de ce traitement, certaines boutiques n’hésite pas à qualifier ce cuir « végétal », ce qui est totalement mensonger. Il reste la peau d’un animal, et ne doit pas être confondu avec les vrais cuirs végétaux qui sont intégralement fabriqués à partir de matières végétales.

Un cuir fait à base de fibre d’ananas est en train d’être développé. Extraites des feuilles des plantations d’ananas qui ne sont pas utilisées, ces fibres sont une alternative éthique de qualité. Ce qui n’est pas le cas de tous les similis cuir, tels que le skaï, constitué de polychlorure de vinyle (PVC) ou de polyuréthane qui ont aussi une empreinte écologique importante.

La production de cuir a également un coût humain important.

La plupart des tanneurs se fournissent en Asie où la main d’œuvre est moins chère. Les ouvriers travaillent dans des conditions plus que déplorables, pataugeant dans les produits toxiques, les manipulant avec peu ou pas de protection. Ces substances extrêmement dangereuses rongent les pieds et les mains des travailleurs jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus travailler. A long terme, beaucoup développent des maladies graves. Les taux d’accidents et de décès sont très élevés.

tannery worker
Aucune loi n’encadre le travail dans les tanneries. Effectuant des journées de plus de 12h, 7 jours sur 7, les employé.e.s gagnent entre 25 et 40 euros par mois, et il n’est pas rare de croiser des enfants dans ces usines.
On se souvient de l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza à Dhaka, Bangladesh, en avril 2013, faisant plus de 1200 morts.

Il est facile aujourd’hui de ne pas porter de cuir. De nombreuses matières synthétiques ou végétales existent, et de plus en plus de marques proposent des alternatives plus que satisfaisantes.

Des marques comme Vegetarian Shoes proposent des chaussures, mais aussi des ceintures, des sacs, des portefeuilles, toute une gamme de produits imitant le cuir mais fabriqués avec des matériaux respectueux des animaux, des humain.e.s, et de l’environnement.
De plus en plus de marques 100% végétales voient le jour, couvrant un large panel de prix et de modèles.

Cette liste (en anglais) regroupant de nombreuses marques de chaussures peut également vous aider : vous trouverez de nombreuses informations : l’existence ou non d’une offre vegan, l’origine des colles et teintures utilisées, la réponse donné par l’entreprise, et les conditions de travail des employé.e.s.

L’utilisation du cuir n’est plus justifiable. Il s’agit d’une véritable industrie, basée sur l’exploitation et la souffrance des animaux, considérés comme des ressources à notre disposition. Une industrie qui exploite également celles et ceux qui travaillent dans les usines de traitement, au mépris de leur santé et de leur sécurité, pour un salaire misérable. Une industrie polluante, qui détruit l’environnement. En portant du cuir, c’est tous les aspects de cette industrie que nous soutenons. Il est temps d’enlever le cuir de nos armoires !

Vivisection – les cosmétiques

En mars 2013, la Commission Européenne déclare l’interdiction des tests sur les animaux pour les produits cosmétiques, et la mention « non testés sur les animaux » a fait son apparition sur les emballages. On pourrait donc croire que tous nos achats sont garantis sans cruauté, quelque soit la marque que l’on choisisse. A tort.

En effet, la loi de 2013 concernent les produits finis et les ingrédients qui le composent. Mais seuls les ingrédients utilisés uniquement en cosmétique sont concernés. Un ingrédient qui sera utilisé dans d’autres domaines (la peinture par exemple) pourra être testé sur les animaux et entrer dans la composition de n’importe quel cosmétique. Très peu de matières premières sont exclusivement élaborées pour l’industrie cosmétique, la majeure partie des ingrédients continuent donc à être testés sur les animaux.
Sans compter que la loi de 2013 est souvent en contradiction avec le programme REACH qui répertorie tous les produits utilisés dans différents domaines.

REACH

Il s’agit d’un programme mis en place en 2007 par l’ECHA (European Chemicals Agency) et dont le but est de s’assurer que les produits utilisés dans différentes industries ne sont pas dangereux pour la santé. REACH (pour Registration, Evalutation, Authorisation and Restriction of Chemicals, soit enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des produits chimiques) concerne plus de 30 000 substances.

Dans les faits, quand une entreprise décide d’utiliser une matière première et que REACH n’a pas/peu d’informations sur celle-ci, des tests devront être effectués. Rien dans la loi n’oblige à ce que les tests incluent des animaux, mais nous savons que peu de méthodes alternatives sont reconnues.
Les ingrédients utilisés en cosmétique sont aussi concernés par ce programme. En effet, malgré la loi de 2013, il est possible de tester toute substance destinée à cette industrie car la collecte des données dans le cadre de REACH surpasse l’interdiction.

De nombreux produits sont concernés, car avant la création de REACH, seuls les ingrédients ayant subi un traitement chimique étaient obligatoirement testés. Aujourd’hui, les ingrédients naturels sont aussi concernés.

Nous voyons bien que la législation est floue, et que rien ne garanti que les produits cosmétiques ne sont plus testés sur les animaux. Pas même le label « non testé sur les animaux », qui n’est soumit à aucun contrôle, et peut donc être apposé à des produits dont un ou plusieurs ingrédients on été testés sur les animaux.
Il faut aussi savoir que certains pays imposent les tests sur les animaux pour autoriser la mise sur le marché. La Chine par exemple demande à ce que tout produit fabriqué en dehors du pays et qui sera venu dans une boutique physique sur son sol soit testé. Les produits fabriqués en Chine ou commercialisés sur internet ne sont pas concernés.

Cependant, il est toujours possible de trouver des produits cosmétiques sans cruauté. Les marques peuvent choisir des fournisseurs qui n’effectuent pas de tests, qui utilisent des ingrédients pour lesquels des méthodes alternatives existent ou qui changent simplement la composition de leurs produits. Certaines choisissent de boycotter les pays dans lesquels les tests sont inévitables.

Il existe des labels fiables qui peuvent vous guider lors de vos achats.
Le Leaping Bunny par exemple est un label qui est apposé sur les produits cosmétiques et ménagers selon des critères très stricts, car des contrôles sont effectués tout au long de la chaîne de production, pour les ingrédients et le produit fini, et certifie l’absence de tests sur les marchés étrangers.
leaping-bunny-logo
En revanche, ce label ne garanti pas l’absence d’ingrédients d’origine animale.

En France, les labels One Voice (bleu et orange) sont souvent cités en tant que référence, bien qu’ils ne soient pas les plus stricts. Les labels ne sont pas donnés aux marques dans leur ensemble mais à certains de leurs produits, qui peuvent également être commercialisés dans des pays qui impose des tests sur les animaux.
Autre aspect gênant concernant le label One Voice bleu : celui-ci est supposé indiquer les produits non-testés et vegan. Cependant, One Voice donne ce label à des cosmétiques contenant des « produits de la ruche », comme le miel, la cire d’abeille, la propolis… car selon l’association « L’apiculture biologique joue un rôle important non seulement dans la préservation de l’insecte (élevage loin des zones contaminées par les pesticides, développement de zones de butinage, prélèvement contrôlé du miel, etc.) mais aussi de la vie sur Terre. Par ailleurs le miel biologique, ressource renouvelable, présente des vertus curatives et bienfaisantes. » Il faudra donc vérifier la composition des produits malgré la présence du logo bleu !

Il est important de noter que les produits labellisés sans cruauté ne sont pas obligatoirement véganes.
De même, les produits ayant une certification biologique peuvent être testé sur les animaux. Les différents labels bio ne sont pas une garantie.

Les labels peuvent être utiles, mais une marque qui n’en possède pas n’est pas forcément une marque qui teste. Une autre possibilité pour connaître la politique des entreprises en matière de tests sur les animaux est de se rendre dans la section FAQ de leur site internet ou de les contacter directement. La plupart répondront directement que la loi n’autorise plus les tests et mettront en avant la réglementation de 2013. Il est important de les questionner sur les ingrédients utilisés, et sur leur présence dans les pays où les tests sont obligatoires. Beaucoup d’entreprises restent floues, et répondent souvent que la marque ne fait pas de test « sauf si la loi l’exige ». Si vous n’avez pas d’autres garanties, il est plus que probable que des ingrédients testés soient utilisés.

Attention aussi aux marques qui ne testent pas mais qui appartiennent à de plus grosses entreprises qui n’ont pas la même politique. Par exemple, The Body Shop est une enseigne qui se veut éthique car les produits ne sont pas testés, mais elle appartient à l’Oréal qui pratique encore des tests.

Vous pouvez faire vos achats dans des boutiques ou sur des sites internet véganes, où vous serez sûr.e.s que vos produits n’auront causé aucune souffrance animale.

Enfin, vous pouvez faire vous-même vos produits cosmétiques et ménagers, de nombreuses recettes sont disponibles sur internet, à vous de faire vos essais et de choisir selon vos préférences !

sources :
REACH : site de l’ECHA – European Chemicals Agency (en anglais).
La législation en Chine : site internet de Choose Cruelty Free (en anglais).

Le véganisme

Les animaux sont des individus doués d’émotions, de sensibilité, c’est un fait. Aussi rien ne justifie de les enfermer, de les tuer, de les faire souffrir moralement ou physiquement. Nous leur reconnaissons le droit de vivre pour eux-mêmes, sans voir leurs libertés restreintes pour nos intérêts.
IMG_1944

Le véganisme, c’est le refus de l’utilisation et de l’exploitation des animaux dans tous les domaines. En pratique, c’est ne consommer aucun produit d’origine animale pour se nourrir (viande, poisson, laitages, œufs, miel…) ou pour s’habiller (cuir, laine, soie…). C’est aussi utiliser uniquement des produits cosmétiques et ménagers non-testés sur les animaux, et ne cautionner aucun divertissement impliquant des animaux (zoo, cirques…).

Nous voyons à travers cette liste que l’exploitation animale est vaste, quotidienne, et banalisée. Nous devons lutter contre ce système qui définit les animaux comme de la matière première, des marchandises desquelles on peut tirer profit. Tant que les animaux seront considérés comme des ressources et non des individus, il n’y aura pas de place pour les considérations éthiques.
Comment accepter que des milliers d’individus soient torturés, exploités, tués, tous les jours, sans aucune raison valable ? Nous le savons, aucun aspect de l’exploitation animale n’est vital pour l’être humain. La tradition, l’habitude, le plaisir personnel, ne sont pas des excuses.

C’est pourquoi nous devons remettre en question le spécisme de la société, cette discrimination basée sur l’espèce et qui justifie la façon dont les animaux sont (mal)traités. Les différences entre les espèces, qu’elles soient réelles ou supposées, ne sont pas des arguments permettant de nier les intérêts des animaux, de les emprisonner, de les exploiter, de les tuer.

La lutte antispéciste ne saurait être vu comme un simple engagement personnel. Le refus de l’exploitation des animaux est bien une revendication politique, dans l’optique d’un changement de société. C’est une lutte pour l’égalité, et elle s’inscrit dans l’ensemble des luttes pour la libération de tou.te.s, humain.e.s ou non. Elle ne saurait être dissociée des luttes antiracistes, féministes, LGBTQI+…

banniere vegan copie

La vivisection

L’expérimentation animale, ou vivisection, est une pratique courante dans la recherche scientifique et l’enseignement. Mais l’utilisation d’animaux soulève de nombreuses critiques d’ordre éthique et scientifique.

Problème éthique

Chaque année, environ 12 millions d’animaux sont utilisés dans les laboratoires européens. Ils sont pourtant sont considéré comme « des êtres sensibles, capables de souffrir, dotés de capacités cognitives et émotionnelles et ayant des besoins physiologiques et comportementaux propres à chaque espèce » par le Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale.

Nous le savons, les animaux ont des sensations émotionnelles et physiques. Des observations faites sur des animaux dans leur milieu naturel ont montré qu’ils possèdent une conscience, qu’ils sont capables de se mettre à la place de l’autre en faisant preuve d’empathie. Toute personne ayant vécues avec un animal le sait : ils peuvent être heureux, montrer de la gratitude, être stressé, avoir peur, ressentir la douleur…

Les animaux peuplant les laboratoires ne sont pas différents. Pourtant, au cours des recherches dans lesquelles ils seront utilisé, ils subiront de véritables séances de torture.

La communauté scientifique sait que l’opinion publique n’est pas favorable à la souffrance animale. Alors, pour rendre cela acceptable, la médecine parlera de vies humaines sauvées, et de réglementation en matière de bien-être animal et d’utilisation des animaux, avec notamment la règle des « 3R ». 3R pour « Refine Reduce Replace », soit « affiner, réduire, remplacer » :
– Affiner les protocoles de façon à utiliser le moins d’animaux possibles pour chacun.
– Réduire le nombre d’expériences utilisant des animaux en se limitant à celles qui sont réellement nécessaires.
– Remplacer une expérience sur des animaux par des méthodes substitutives disponibles, ou remplacer les chiens ou singes par des rats ou des souris.

Les réglementations restent vagues, et ne concernent que les animaux vertébrés.
L’utilité des expériences et leur déroulement ne sont pas régis par un cadre précis. Les vivisecteurs ont une totale liberté concernant la conception et la pertinence des protocoles.
En effet, les expériences sur les animaux deviennent légales à partir du moment où elles revêtent un caractère de nécessité, et qu’aucune méthode substitutive n’existe.
L’anesthésie générale ou locale des animaux est obligatoire pour toutes les expériences qui pourraient entraîner des souffrances. Lorsque les expériences sont incompatibles avec l’emploi d’anesthésiques ou d’analgésiques, leur nombre doit être réduit au strict minimum. Procéder à plus d’une intervention douloureuse sur le même animal sous anesthésie ou analgésie est impossible sauf en cas d’exception justifiée…
La directive 86/609/CEE déclare également qu’il faut « […] assurer à ces animaux des soins adéquats, empêcher qu’aucune douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable inutiles ne leur soient infligés […] ».
Il n’y a pas de définition du « caractère de nécessité » et l’emploi d’anesthésie est décidé en fonction du résultat que l’on souhaite obtenir et non en fonction du bien-être de l’animal. Il n’y a pas de définition de « l’utilité » des souffrances que l’animal va traverser. L’appréciation est laissée à celui qui pratiquera l’expérience.

Parler de réglementation en matière d’expérimentation animale est ridicule. On ne réglemente pas la souffrance, on ne négocie pas l’intensité de la douleur. Dans tous les laboratoires, peu importe les lois, les animaux souffrent. Les animaux meurent. Les vivisecteurs leur inoculent des maladies, les intoxiquent, créent des tumeurs et des cancers douloureux, endommagent volontairement des organes, etc. Les plus « chanceux » sont les animaux qui servent de témoins aux expériences et restent indemnes jusqu’à leur euthanasie.

Le manque d’éthique de la vivisection ne commence pas à la porte des laboratoires. En amont se trouvent les élevages et animaleries spécialisées. Spécialisés car ils doivent fournir des lots d’animaux homogènes et aseptisés.

Les vivisecteurs peuvent sélectionner leur modèle animal dans un catalogue et obtenir l’espèce, le sexe et l’âge (on peut même obtenir des embryons ou des femelles enceintes).

Il est possible d’avoir des « modèles expérimentaux » chez qui les chercheurs vont tenter de créer une maladie ou des « modèles génétiquement modifiés » dont le code génétique a été manipulé pour développer spontanément des symptômes similaires aux maladies humaines.

En France, on trouve principalement des élevages de chiens et de rongeurs. Les primates viennent généralement de l’île Maurice et de Chine. On peut diviser les animaux présents dans les élevages en deux catégories : ceux qui servent de reproducteurs, et ceux qui sont destinés aux laboratoires.

– Les reproducteurs : concernant les singes, ils ont pour certains été capturés dans la nature. La législation n’autorise pas leur utilisation en laboratoire. Les singes, qui vivent au sein de groupes sociaux hiérarchisés, se retrouvent soudainement isolés ou forcés à cohabiter avec des individus qu’ils ne connaissent pas. Privés de leur famille, de leur liberté, ils subissent un stress intense dans une cage où ils finiront leur vie, bien loin de leur environnement naturel.

S’agissant des chiens et rongeurs, leurs pattes ne fouleront que le sol froid de leur cage ou de leur box, et la plupart ne connaitront que la lumière froide des néons. Tout comme les primates, leurs besoins physiques et psychologiques seront ignorés.

Lab-dogs harlan uk

Élevage du groupe Harlan en Angleterre

Quelque soit l’espèce à laquelle on s’intéresse, ces animaux seront toujours considérés comme des machines à reproduire desquelles les éleveurs attendent une certaine rentabilité. Dès qu’un animal n’est plus assez performant, (notamment pour les femelles qui sont vite fatiguées, que ce soit physiquement à cause des accouchements successifs, ou psychologiquement parce que leurs petits leur sont enlevés parfois quelques minutes après la naissance) il est euthanasié. Il en est de même pour les animaux présentant des imperfections.

– Les animaux destinés aux laboratoires : L’Europe importe principalement des singes de l’île Maurice. Cela représente un voyage de 60h dans les soutes d’un avion. Certains primates ne survivent pas au stress qu’ils subissent et meurent avant d’atteindre les laboratoires.

air-souffrance-singes

Singes avant l’embarquement

Les chiens et rongeurs parcourent de moins longues distances, car les laboratoires se fournissent généralement dans leur pays ou dans un pays frontalier.

Une particularité concernant les chiens : qu’il s’agisse des reproducteurs ou de ceux destinés aux laboratoire, ils ont souvent les cordes vocales sectionnées pour que leurs aboiements ne dérangent plus les employés.

Les laboratoires utilisent également des chats, des furets, des cochons, des chevaux… et de nombreux invertébrés, mais il est quasiment impossible de trouver des données les concernant.
Le manque d’information sur la provenance des chats, mais aussi parfois des chiens, peut sans doute être expliquée par la provenance parfois « inconnue » de certains animaux. On trouve des témoignages attestant de la livraison d’animaux entassés dans des camionnettes sans plaques d’immatriculation, les livreurs se faisant payer en liquide. Dans différentes régions en Europe, des riverains parlent de camionnettes faisant des rondes la nuit, et de la disparition de chats et chiens errants ou non.

Quelque soit leur provenance, les animaux livrés aux laboratoires vont subir des expériences très douloureuses.

Selon l’espèce, ils seront utilisés dans différents domaines.

– Les primates sont souvent utilisés en toxicologie pour tester des substances chimiques, des médicaments ou des drogues, en recherche sur les maladies infectieuses (HIV), en neurologie et neurotoxicologie (Alzheimer, Parkinson) et en recherche fondamentale.
Les chercheurs ont également recours aux primates pour des recherches sur des maladies psychologiques telles que la dépression.
Pour avoir un aperçu de ce qu’est la vie d’un singe de laboratoire, nous vous conseillons ce pdf : http://www.savetheprimates.org/files/stpwwwrollfoldfr030209.pdf . Attention, certaines descriptions et photos sont très dures.

primateexperiment

Jeune singe  dans un laboratoire

– Les chiens sont utilisés dans la recherche sur les maladies cardiovasculaires en toxicologie, pour tester la toxicité de produits chimiques et pharmaceutiques.

– Les chats servent beaucoup pour la recherche fondamentale, généralement pour assouvir une curiosité scientifique.
La physiologie, et plus particulièrement  le système nerveux, intéresse les chercheurs. Certains pratiquent la chirurgie invasive sur des cerveaux de chats anesthésiés, d’autres s’attaquent à leur moelle épinière. Il existe aussi des expériences sur le système visuel, une fois de plus sur le cerveau et sur l’équilibre du chat avec l’endommagement de son oreille interne.
Le site One Voice donne des exemples détaillés d’expériences pratiquées sur les chiens et les chats : http://www.one-voice.fr/sante-sans-torture/rapport-des-experiences-aberrantes-sur-les-chiens-et-les-chats-conduites-en-france/

– Les lapins servent à tester des médicaments et à étudier des maladies humaines, dont les maladies cardiovasculaires et les troubles du système nerveux.
Pour avoir un exemple de test sur les lapins, accompagné d’une vidéo, rendez-vous sur ce lien http://www.one-voice.fr/sante-sans-torture/la-fievre-des-lapins/

– Les rongeurs, souris, rats, cochons d’Inde, restent les animaux les plus largement utilisés dans tous les domaines de la recherche. On effectue aussi bien des recherches sur le cancer, notamment grâce à des souris génétiquement modifiées, que des tests sur les OGM, ou encore des tests auditifs, comme ce fût le cas avec des cochons d’Inde qui furent exposés à des bruits de détonation avant d’être tués pour que les chercheurs regardent quels dommages avaient été causé sur l’oreille interne des animaux.
Les souris sont aussi utilisées pour tester la toxine botulique, ou botox, substance utilisée en médecine et en cosmétologie. Une injection suffit pour que les rides faciales disparaissent pendant des mois.
Il existe plusieurs types de toxine botulique, répertoriées par lettre (A, B, C, D…) suivant leur utilisation. En raison de son extrême dangerosité, tous les lots de toxine botulique A (celle utilisée en cosmétologie) doivent être testés en laboratoire pour en contrôler la puissance. L’Union Européenne exige que chaque lot de produit utilisé en cosmétologie soit testé sur les animaux.
Le test fait appel à la méthode DL50, pour Dose Létale 50, soit la dose tuant 50% des animaux utilisés lors de l’expérience. On injecte donc différentes doses de botox dans l’abdomen des souris afin de déterminer celle qui provoque la mort de 50% d’entre elles. Les injections entraînent des paralysies, des troubles de la vision et des détresses respiratoires. Après 3 à 4 jours d’agonie, elles meurent par suffocation. Au moins 100 souris sont ainsi torturées pour chaque lot de toxine botulique utilisée en cosmétologie.

rat+lab_mini


Ceci était un aperçu de ce qu’il se passe dans les laboratoires, qui ne sont pas les seuls a avoir recours aux tests sur les animaux.

Les gouvernement et leurs armées utilisent également des animaux.
La NASA a par exemple entraîné des chimpanzés pendant de nombreuses années et en a envoyé 2 dans l’espace (pour plus d’information sur les chimpanzés de la NASA, et la vie qu’ils ont mené après les expériences, vous pouvez vous rendre sur le site de l’association Save the Chimps qui recueille des chimpanzés sortis des laboratoires, des cirques… : http://www.savethechimps.org/ ).

Roman

Roman, sujet d’expériences biomédicale sur une base de l’US Air Force, au sanctuaire Save the Chimps

Mais les rongeurs, les chiens, les cochons… se retrouvent aussi dans ces laboratoires. Ils servent à tester des armes chimiques et bactériologiques, mais sont aussi entraînés à effectuer diverses missions dans le cadre de programmes spécifiques, comme c’est le cas pour des dauphins et des otaries de l’U.S. Navy Marine Mammal Program. L’armée américaine étudie leur utilisation pour la protection de navires et de ports, le repérage et le dégagement de mines, et la récupération d’objets.

MK_5_4

Otarie entraînée à la récupération d’objets

L’utilisation des animaux est aussi largement répandue dans l’enseignement. Même si il y a eu une avancé dans ce domaine en novembre 2014 avec l’interdiction des dissections d’animaux vertébrés tels que les souris, les grenouilles ou les poussins dans les collèges et lycées d’enseignement général, il reste beaucoup à faire dans ce domaine. En effet, comme le stipule la missive du ministre, les collégiens et lycéens pourront toujours pratiquer des dissections sur les invertébrés « à l’exception des Céphalopodes » (poulpes, etc.), ainsi que « sur des vertébrés ou sur des produits issus de vertébrés faisant l’objet d’une commercialisation destinée à l’alimentation ». Et rien n’interdit la vivisection et la dissection après le lycée, ou dans les filières spécialisées.

L’enfermement, la négation totale de leurs besoins, l’ensemble de leurs conditions de vie rendent les animaux totalement fous. Nombreux sont ceux qui s’auto-mutilent. D’autres passent leur vie prostré au fond de leur cage, tremblant, le regard vide. D’autres encore vont passer leur temps à mordre les barreaux de leur cage… Un large panel de comportements stéréotypiques est observable chez ces individus.

chien-labo

Beagle dans un laboratoire

Avec toutes ces connaissances, comment affirmer que l’expérimentation animale est moralement justifiable ? La soi-disant supériorité humaine n’est pas une excuse pour asservir, emprisonner et torturer ces animaux. Ils n’ont pas à mourir, ni à être sacrifié pour « le bien de l’humanité ». Leur vie n’a pas moins de valeur que la notre.

De plus, la vivisection pose également des problèmes à un niveau scientifique.

Problème scientifique

On observe déjà des différences de réactions à un même traitement au sein de la population humaine, et la même personne peut réagir différemment selon les moments de sa vie. Comment peut-on alors imaginer que les résultats obtenus dans le cadre de recherches sur un groupe d’animaux soit transposable à une autre espèce ?

Prenons l’exemple du chimpanzé. Le génome (ensemble du matériel génétique d’un individu ou d’une espèce codé dans son ADN) du chimpanzé est similaire à 98,76% au génome humain. Ce qui en fait, a ce niveau, l’animal le plus proche de nous. Pourtant, ils ne réagissent pas de la même manière aux maladies virales : le virus du sida de l’affecte pas, l’hépatite B peut parfois devenir une hépatite bénigne qui n’évoluera pas vers une cirrhose et un cancer du foie comme on peut l’observer chez l’être humain. En revanche, le virus Ebola le fait mourir de fièvre hémorragique, tout comme nous.

On voit bien à travers cet exemple que même l’animal le plus proche génétiquement de nous ne peut donner de prévisions fiables quand à la réaction de l’organisme humain face à une maladie, ou à un traitement. Imaginez donc le manque de fiabilité lorsque les tests sont effectué sur des espèces animales encore plus éloignés de nous génétiquement.

Il faut aussi prendre en compte le fait que les réactions humaines aux infections et traitements découlent principalement de deux facteurs :

– les facteurs héréditaires, où des différences dans le patrimoine génétique modifient la façon dont les individus vont traiter les toxines.

– les facteurs physiologiques, qui sont nombreux. L’âge, l’état nutritionnel, la grossesse, l’état de santé général… font qu’une personne sera plus ou moins résistante.

Pourtant, il est impossible de prendre en compte ces facteurs lorsque l’on teste sur les animaux.

Les pathologies humaines sont généralement liées à notre mode de vie, ou à un problème génétique. Or, les animaux utilisés lors des tests ne peuvent pas développer ces pathologies de la même façon. Ils sont modifiés pour mimer une pathologie humaine. Certains sont manipulés génétiquement, d’autres subissent des interventions chirurgicales invasives (dans certains laboratoires et universités, on tente de recréer la maladie de Parkinson chez des primates en endommageant certaines parties du cerveau).
Il est absurde de tenter de recréer artificiellement des maladies chez une autre espèce pour soigner ce qui est une imitation de pathologie humaine, pour ensuite extrapoler les résultats à l’être humain. Les résultats ne sont pas transposables, et cela peut être dangereux.

De nombreux scientifiques le savent. Une pharmacologiste de UCLA a récemment admis que ses recherches sur les drogues ne lui permettaient pas de tirer des conclusions sur l’addiction des humains, et encore moins de la traiter, car les réceptacles de drogues de chaque espèce étaient trop différents. Des recherches de plusieurs années, gaspillage de temps, d’argent, et de vies animales. Les drogues sont des substances qui agissent sur notre corps, tout comme les médicaments. Si les animaux sont trop différents en ce qui concerne les drogues, pourquoi en serait-il autrement pour des substances destinées à nous soigner ?

Que dire des effets secondaires imprévus des médicaments ? Ces effets ne pouvaient pas être décelés lors des tests sur les animaux, ni lors des tests cliniques sur l’humain. Ils n’apparaissent que lorsque le médicament est mis en vente, car un nombre plus important de personnes le consomment. Même si les chiffres concernant le nombre de personnes qui sont affectées par des effets secondaires sont introuvables, nous savons que ces effets existent. De plus en plus de scandales liés aux médicaments voient le jour. Le médiator, la pilule deuxième génération, le vioxx… Les prescriptions censé soigner peuvent causer une aggravation de l’état du patient, et dans certains cas, mener à son décès.

Sachant tout cela, pourquoi la vivisection continue ?

Car la vivisection est avant tout une industrie. Elle permet à des nombreuses personnes de gagner de l’argent. Éleveurs, transporteurs, scientifiques, laboratoires pharmaceutiques… Tous ont intérêt à ce que la vivisection continue. C’est un secteur qui engendre beaucoup d’argent, et qui peut perdurer aussi longtemps que la loi l’autorisera.

La vivisection permet également à des lobbies de vendre des produits nocifs en masquant leur dangerosité. Le meilleur exemple de l’alliance entre celleux qui sont censé œuvrer à l’amélioration de notre santé et celleux qui la détruise est celle des laboratoire et de l’industrie du tabac. Mettant à profit les différences entre les espèces, des chats, des chiens et des singes sont contraints de fumer entre 6 et 10h par jour, entre 5 et 7 jours par semaine. Leur cou est bloqué et ils inhalent constamment de la fumée de cigarette par un masque fixé sur leur tête. Malgré cette épreuve dite du tabac continu, aucun de ses animaux n’a développé de cancer du poumons. Les industriels s’appuyaient sur ces recherches pour dire que la cigarette est sans danger pour la santé, et ainsi augmenter la vente de leurs produits, et donc leurs bénéfices. Aujourd’hui encore, des animaux sont soumis à cette épreuve, notamment pour tester les effets des additifs présents dans le tabac.

tabac

Tests des effets du tabac sur les chiens et les souris

Grâce aux choix de l’espèce sur laquelle est menée l’expérience, ou à la souche de laquelle provient un animal, on peut obtenir le résultat que l’on souhaite pour qu’un produit soit mis sur le marché. Par exemple, une même substance pourra s’avérer cancérigène si elle est testée sur des souris de souche C3H, mais ne le sera plus si elle est testée sur des souris de souche C57B1.

L’expérimentation animale est soutenu par de nombreux lobbies, qui se soucient plus de la santé financières des entreprises que de la santé humaine.

Bien que de nombreux acteurs tirent des bénéfices financiers de la vivisection, au final, la recherche dans son ensemble y perd beaucoup.
Pendant des années, les chercheurs ont tenté d’inoculer le VIH à différents singes. Mais les primates ne sont pas affectés de la même façon que nous par le virus, et ne le développent que dans de très rares cas, et les résultats obtenus par ces expériences ne sont pas assez pertinents pour être extrapolés aux humains. Ainsi, plus de 50 vaccins qui avaient été validés suite à des expériences sur les animaux ont échoué lors du passage à l’être humain. Tous les traitements qui fonctionnent actuellement contre le VIH ont été conçus grâce à des méthodes in vitro et in silico, sans tenir compte des modèles animaux.

L’argent et le temps utilisés pour la vivisection pourraient être employé au développement des méthodes alternatives. Bien plus fiables, et moins coûteuses, ces méthodes permettent de prévoir les effets d’une substance sur l’humain. Différentes solutions existent déjà, et leur efficacité à été prouvée pour certaines. Mais la loi oblige toujours à passer par le modèle animal, et refuse de remettre en cause cette façon de faire.
Des chercheurs désireux de faire avancer la science, ont mise au point différentes méthodes telles que les cultures cellulaires, la toxicogénomique, les biopuces et micropuces, avec beaucoup d’avancées dans ce domaine très récemment.

De nombreux scientifiques se battent pour qu’aujourd’hui, une recherche fiable et éthique soit mise en place. De plus en plus d’associations de professionnel.le.s de santé (médecins, chercheurs, infirmier.e.s…) se créent. Antidote Europe et Pro Anima en France, Equivita en Italie, Physicians Committee for Responsible Medicine aux États-Unis… Si la vivisection était vraiment nécessaire, quel intérêt auraient-ils à la dénoncer ?

Il est de notre responsabilité, en tant que militant.e.s pour les animaux, mais également en tant qu’individu.e.s, de dénoncer et de combattre la vivisection. Pour cela, il est nécessaire d’informer, mais l’information seule ne suffit pas. Lorsque l’on s’attaque à la vivisection, nous nous attaquons des lobbies puissants. Nous devons faire pression sur celles et ceux qui rendent cette horreur encore possible aujourd’hui. Si les animaux ne peuvent pas vivre en paix, il n’y a pas de raisons pour que celles et ceux qui les torturent puissent le faire.

Pour aller plus loin :

Association scientifique Antidote Europe http://antidote-europe.org
Comité scientifique Pro Anima http://www.proanima.fr
La chaîne YouTube de Cruelty Free International (anciennement BUAV) sur laquelle se trouvent de nombreuses vidéos d’enquêtes dont certaines dans les élevages de primates à l’île Maurice https://www.youtube.com/user/theBUAV

La fourrure

La fourrure était autrefois un produit de luxe. On assiste aujourd’hui à une sorte de démocratisation de celle-ci et si elle avait un peu disparue ces dernières années, on la voit désormais partout: en décoration sur bottes et gants, en cols de capuches, en pompons de bonnets et en indémodables longs manteaux. La fourrure n’est pas une matière comme les autres, on parle ici de la peau d’un animal exploité et dépecé uniquement pour la mode. Ils sont le plus souvent issus d’élevages dans lesquels on retrouve visons, renards, ratons laveurs, chinchillas, lapins, chats plus rarement et la liste est longue. Ces élevages sont pour la plus part situés en Chine, Corée et Finlande mais on en retrouve partout dans le monde. La France produit par exemple beaucoup de lapins et visons, avec l’Italie et l’Espagne.

Photo prise en 2014 dans l'élevage francais d'Emagny

Photo prise en 2014 dans l’élevage français d’Emagny

Élevages

Ces élevages se présentent sous forme de longues rangées de cages empilées sur pilotis, dans des hangars ou en plein air. Ils enferment des animaux qui, de leur naissance à leur mort sont emprisonnés dans ces cages minuscules, à peine plus grandes qu’eux. Ils sont parfois plusieurs par cage, entassés les uns sur les autres. Les fins barreaux qui constituent leur seul sol blessent gravement leur pattes et coussinets. Ces grillages permettent de simplement jeter la nourriture sur les cages et de laisser les animaux se débrouiller pour la récupérer. Nul besoin non plus de nettoyer la cage: les excréments passent à travers les barreaux et s’entassent quelques centimètres plus bas, sur le sol. Ils ne sont évidemment pas protégés du froid, de la chaleur ou de l’humidité. Il n’est ainsi par rare que certains meurent de chaud l’été alors que d’autres souffrent de gelures l’hiver. Enfermés dans quelques centimètres vite remplis de vomi et excréments, les animaux sont soumis à un stress permanent : aucun endroit pour se réfugier, contact brusque avec les employé.es (certaines espèces sont particulièrement effrayées), leurs besoins primaires sont ignorés.. Les visons, qui sont beaucoup utilisés n’ont pas d’accès à un point d’eau alors qu’ils y passent habituellement 75% de leur temps. Ils développent des troubles psychologiques, des comportements névrotiques qui sont quasiment généralisés : ils se jettent contre leur cage, se mutilent, s’adonnent au cannibalisme, tournent en rond de façon répétitive. Comme dans tous les élevages, on se retrouve face à une utilisation intense du système reproducteur des individus femelles qui sont en gestation quasi permanente afin que le «stock» se maintienne. Elles souffrent souvent d’infections de l’utérus en plus des habituelles maladies et parasites. Pour illustrer plus encore l’horreur que nous faisons subir à ces animaux, le taux de mortalité des lapins dans les élevages atteint les 20% tant leur conditions de vies sont atroces. Les éleveurs choisissent d’exploiter donc de plus en plus d’animaux pour pallier à ces pertes. Dans la continuité de cette non-considération pour ces animaux, des modifications génétiques sont maintenant utilisées, modelant les individus comme on modèle des produits. On essaye d’avoir des poils plus longs, plus soyeux, plus blancs, plus marbrés , plus denses. Bien sûr ces mutations, n’étant pas naturelles, créent des dégénérescences et des souffrances: les visons blancs perdent l’ouïe à l’âge d’un mois, les visons Pastel Royal naissent avec le « cou en vis »: une malformation qui crée une courbure de la région cervicale d’un côté ou de l’autre et qui engendre un balancement latéral continuel de la tête, etc. https://www.youtube.com/watch?v=14nEECgBmGE#t=83

Ferme californienne dans laquelle se trouvaient plus de 400 chinchillas.

Ferme californienne dans laquelle se trouvaient plus de 400 chinchillas.

Piégeage

Beaucoup de fourrures proviennent aussi d’animaux capturés dans la nature. Le piégeage est une action légale et « réglementée », les réglementations n’étant jamais respectées. Les principaux pays concernés sont ceux ou il fait froid et ou les animaux à fourrure sont abondants : Canada, les États-Unis, la Russie, la Sibérie, la Chine, la Corée; la Finlande etc. Ce sont les ratons laveurs, opossums, castors, rats musqués, mouffettes, renards, loups, visons, lynx, belettes, coyotes, lapins, martres qui sont essentiellement concernés. Il existe un grand nombre de pièges, appareil à torture adaptés à toutes sortes de milieux, situations et animaux. Ils sont classés en différentes catégories : ceux qui visent à retenir et ceux qui visent à tuer sur le coup. On trouve par exemple les pièges à mâchoires (première catégorie) qui brisent la patte de l’animal, le retenant par l’os. Il est alors condamné à attendre de longues heures, voir même des jours la venue du trappeur/trappeuse, terrifié et affamé. Il est alors tué le plus souvent à coup de pied ou de bâton. On estime à un quart le taux d’individus pris au piège qui s’automutilent et vont jusqu’à ronger leur membre afin de s’échapper. Ceux qui y parviennent meurent d’infections ou d’hémorragie. D’autres pièges visant également à retenir l’animal, comme ceux à lacet, à ressort, à filet ou bien encore les boites ou cages qui blessent moins mais sont tout aussi cruels. Dans les pièges mortels on a les assommoirs, le collet, les pièges en X, les pièges sous-marin (l’animal paniqué meurt noyé) etc. Les pièges ne font pas de distinction et plus d’un animal sur deux ne serait pas visé par les trappeurs/trappeuses, qui parfois les relâchent blessés, les tuent, les utilisent pour leur viande. Ces animaux inutiles à l’industrie sont appelés des déchets. Pour donner une idée de l’ampleur du massacre, pour un manteau en fourrure de raton laveur d’1m, il faut jusqu’à 40 individus ainsi que quelque 120 animaux ‘déchets’ (porcs-épics, cerfs, chats, chiens, oiseaux, sangliers, reptiles …). Ce sont donc 160 animaux qui vont mourir pour la confection d’un seul manteau ! Pour un manteau en vison, il faut 60 individus et 180 individus dits « déchets » soit 240 animaux.

Abattage

L’abattage, commun pour le piégeage et l’élevage, est bien pire que tout ce que l’on peut imaginer. Les animaux étant considéré comme de la marchandise, leur douleur n’est absolument pas prise en compte. Le but est de récupérer la peau à moindre coût, sans l’endommager. Ils sont électrocutés, assommés, ou encore gazés, empoisonnés, asphyxiés. Certains animaux qui tiennent bien en main, comme les chinchillas, ont les cervicales brisées, ce qui ne provoque pas la mort cérébrale immédiate. L’électrocution a un double intérêt et c’est pourquoi elle peut être pratiquée en complément des autres méthodes de mise à mort, car elle donne un effet bouffant à la fourrure. Pour électrocuter un animal, on attache ou introduit une pince dans l’anus ou le vagin et une autre dans la bouche puis des décharges plus ou moins fortes sont envoyées grâce à une batterie. C’est un procédé extrêmement douloureux. La plupart du temps à peine étourdis, ils peuvent être encore conscients lors du dépeçage : coupes des oreilles et retrait de la fourrure avec scalpel. Il arrive aussi que l’animal soit directement pendu à un crochet par une patte, puis est écorché vivant : on incise depuis la patte et on tire la peau. Encore vivant et conscient, il lutte pour se décrocher, s’échapper, est pris de convulsions etc … Son corps est balancé, rebut parmi d’autres et d’énormes tas d’écorchés vifs prennent forme avant d’être transportés et jetés ailleurs. Tout est calculé pour une rentabilité maximale propre au capitalisme qui fonde notre société. Les individus n’ont aucune valeur, ils ne sont que des produits, des marchandises, de la matière et sont donc traités comme tel. https://www.youtube.com/watch?v=AIrcI_S0aN8#t=11

Pour un manteau d’1 mètre, il faut : entre 30 et 40 lapins, ou entre 20 et 40  ratons-laveurs, entre 10 et 24 les renards, ou encore de 6 à 8 pour les pumas.

34 lapins

34 lapins, le nombre moyen d’animaux pour un manteau d’1 mètre.

Écologie

Contrairement à la croyance populaire, la fourrure n’est pas écologique, mais a au contraire un impact important sur l’environnement. Les élevages, qui représentent plus de 85% de la fourrure produite génèrent les mêmes problèmes et la même pollution que l’industrie de la viande. Ainsi de grandes quantités de déchets sont concentrés sur une toute petite surface. Les excrément des millions d’animaux élevés produisent chaque année plusieurs tonnes de phosphore et d’azote. Ces produits sont emportés par les eaux et polluent cours d’eau et nappes phréatiques. Des animaux aquatiques meurent et souffrent de ces pollutions. Dans le village de Kaustinen, en Finlande, l’eau provenant de sources souterraines s’est avérée impropre à la consommation à cause de la pollution occasionnée par les fermes à fourrure avoisinante. De nombreuses fermes de fourrures ont du fermer en Finlande pour ces raisons. Ces excréments et leur gaz forment aussi une pollution atmosphérique notable. Lorsque le cadavre n’est pas réutilisé pour sa chair, c’est à dire la plus part du temps, il est incinéré, ce qui produit un gaz nocif qui contient du monoxyde de carbone, de l’oxyde d’azote, du dioxyde de soufre, de l’acide chlorhydrique. En grande quantité ils sont nocifs pour l’environnement. Prenons l’exemple du cycle de la principale production européenne, la fourrure de visons. En amont, il faut produire la nourriture (principalement composée d’abats de poulets et poissons, eux-même nourris avec des farines animales) et l’acheminer vers les élevages. Les besoins en eau sont importants : un minimum de 700 litres d’eau pour un kilo de fourrure de visons est requis selon une estimation basse (alimentation de l’animal et traitement de la peau). Le CE Delft, spécialisé dans les questions environnementales, produit le schéma ci-contre: Effectivement, la fourrure est naturelle, mais uniquement lorsqu’elle est sur le dos de l’animal. Une fois prélevée, elle doit être traitée pour éviter sa dégradation naturelle. Les produits utilisés sont hautement polluants, tout comme dans l’industrie du cuir. Les différentes étapes du traitement sont le tannage, la teinture et le blanchissement. Lors du tannage, des produits toxiques et cancérigènes comme le le formaldéhyde ou le chrome et ses dérivés sont utilisés. Les employé.es manipulant peaux et produits sont donc plus facilement sujets à des leucémies (avec un taux 5 fois plus élevé que la normale), des problèmes respiratoires et des cancers des testicules et des seins. Les différents produits sont aussi irritants pour la peau. Lors de la teinture de nombreux autres produits classés toxiques sont utilisés: l’aluminium, l’ammoniac, le chlore, le chlorobenzène, le cuivre, le plomb, le méthanol, la naphtaline, l’acide sulfurique, le toluène et le zinc. Ainsi la fabrication de fourrure est beaucoup plus nocive pour l’environnement et les personnes que celle de nombreux textiles : coton, acrylique, polyester …

Vraie/fausse fourrure

L’étiquetage « fausse fourrure » est souvent mensonger, notamment en ce qui concerne les cols de certains manteaux. La fourrure est difficilement imitable et la simuler demande d’importants moyens techniques et financiers. Dans certains pays où les élevages sont nombreux et la législation presque inexistante (et peu respectée) cela revient bien moins cher de produire de la vraie fourrure et de la faire passer pour fausse afin de payer moins de taxes à la douane. Il faut donc se méfier de la fourrure dite synthétique. Même un vêtement bon marché peu contenir de la fourrure. Il est possible de différencier ce qui est animal de ce qui ne l’est pas. Le duvet – de fins petits poils – est uniquement présent sur la vraie fourrure, qui parait plus légère et aérienne, comme sur la première image. Certaines peuvent être teintes, et passer pour des imitations (rouge, bleu etc). La synthétique se reconnaît assez facilement, parait plus lourde et rêche. Si toutefois vous avez un doute, le mieux est de prélever quelques poils et de les brûler. Si ils brûlent comme des cheveux et ont la même odeur, il s’agit de vraie fourrure. Si ils fondent et dégagent une odeur de plastique brûlé, vous avez à faire à de la fausse fourrure.

vraie fourrure : aérienne, présence de duvet ...

Vraie fourrure : aérienne, présence de duvet …

fausse fourrure, plus lourde, sent le plastique en en cramant quelques poils ...

Fausse fourrure : plus lourde, sent le plastique si quelques poils sont brûlés

La liberté individuelle n’a rien à voir avec le fait de porter de la fourrure ou non : on ne peut pas revendiquer une liberté vestimentaire et individuelle en oubliant complètement celle des autres individus impliqués en les privant de liberté, en les condamnant à une vie insupportable et une mort atroce. Rien ne peut justifier l’achat et le port de fourrure. Rien ne justifie que ce commerce continue. Les animaux ne sont pas une ressource à notre disposition, nous n’avons aucun droit sur leur existence : agissons en conséquence.